Jeunesse, Livres

La Grande évasion de Mademoiselle oignon

Je remercie bien chaleureusement les éditions Phaidon pour cette magnifique découverte…

C’est bien connu, les oignons sont gais, pleins de sève et de vie. Mais ce qui les effraie le plus c’est la terrible friture. Coupés en rondelles et plongés dans la brûlante mixture, c’est synonyme pour les pauvres oignons d’une mort assurée. Mais Mlle Oignon n’a pas envie de finir en beignets dans une casserole et elle est prête à tout pour se sauver du livre qui l’emprisonne.

C’est pourquoi elle te demande de l’aide, cher petit lecteur. Au fil des pages, il te faudra délivrer Mademoiselle Oignon de son terrible destin.

Prêt à relever le défi ?

Pois

Mon avis

La Grande évasion de Mademoiselle Oignon est le premier livre qui disparaît. À mesure que l’on avance dans la lecture, on peut détacher les pelures de Mlle Oignon en suivant les pointillés pour enfin la libérer totalement.

L’ouvrage de Sara Fanelli est une petite pépite et ne ressemble à rien de ce qu’on peut lire habituellement. Un peu à la manière des romans dont on est le héros, le lecteur vit une véritable expérience ludique et créative et devient un des personnages central du livre, investi d’une lourde mission : délivrer Mademoiselle Oignon.

Oignon 1

Mais le livre va également bien plus loin. Derrière une histoire, a priori simple, d’un oignon à délivrer de la friture, l’auteure soulève un tas de questions complexes à tendance philosophiques. Il est ici question de temps, de mémoire, d’identité et de bonheur. « Serais-tu différent si tu portais un autre nom ? », « est-ce que le temps s’arrête quand tu rêves ? », « peut-on se souvenir de quelque chose qui n’est jamais arrivé ? », « c’est long comment une minute ? », « où finissent les choses que l’on a oubliées ? », autant de questions qui invitent à penser autrement, à faire travailler notre matière grise pour mieux appréhender le monde qui nous entoure. Et Sara Fanelli joue également avec la créativité du lecteur en proposant même de dessiner et de créer, comme par exemple le lieu où vont les choses oubliées. Pas facile, hein ?

Au fil des pages, en plus de devoir libérer Mlle Oignon, le lecteur est invité à réfléchir sur lui-même et à répondre aux questions soulevées par l’auteure. Et la chose est bien faite car il a véritablement la possibilité d’écrire sur le livre, même s’il est difficile de sauter le pas de peur d’abîmer ce magnifique ouvrage. Le livre devient alors une sorte de journal intime et de cahier d’exercices que l’enfant à partir de 7 ans prend plaisir à feuilleter seul ou avec ses parents ou ses amis.

Oignon 2

Les illustrations et le texte ne sont pas pour autant les oubliés de ce sublime album. Le talent de Sara Fanelli est indéniable et ses illustrations sont vives et joyeuses et invitent à l’évasion. Le texte, quant à lui, est poétique et tout en rimes ! Il mêle habilement philosophie, humour et absurde. Un régal.

La Grande évasion de Mademoiselle Oignon est vraiment un livre brillant et original. Véritable objet-livre-jouet, il est à la fois ludique et intéressant. Le jeune lecteur est intelligemment invité à réfléchir sur les choses et lui-même, à faire marcher son imagination et enfin à créer et à écrire. Et comme en plus il a bien travaillé, il est récompensé et, en plus de son livre, remporte un vrai objet déco à mettre dans sa chambre.

Ce fantastique album qui s’inscrit dans une toute nouvelle collection chez Phaidon qui, on l’espère, comportera d’autres belles découvertes.

Enfin, en lisant l’ouvrage de Sara Fanelli et les questions absurdes qu’elles soulevait, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à la chanson d’Aldebert « Les Questions » qui illustre bien les innombrables questions des enfants auxquelles les parents n’ont malheureusement pas toujours de réponses…

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Titre : La Grande évasion de Mademoiselle Oignon

Auteur : Sara Fanelli

Éditeur : Phaidon

Prix : 19,95 €

2 Comments

  1. deedoux

    13 novembre, 2012 at 15 h 48 min

    Ca donne envie, emrci pour cette critique forte intéressante! 🙂

    1. BlablaYA

      13 novembre, 2012 at 16 h 45 min

      Merci !
      C’est vraiment un ouvrage intéressant et qui vaut le détour.

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